25 nov. 2009
Le feuilleton et les archives de Tendre Bulle
21:37 Par Xerxes - Archives - Lien permanent
851 lectures
C'est une habitude qui s'installe... En même temps que je vous adresse mon billet d'archives, je vous fais passer un extrait d'une nouvelle en cours de rédaction. Ne pas hésiter à réagir et à commenter!
Le fracas qui le réveilla semblait gifler la nuit. Une onde de choc dont il ignorait l'origine assourdissait la pièce, dont l'odeur acre du feu éteint la faisait ressembler à un champ de bataille. Dressé sur un amas de draps froissés, Jaromyl observait les alentours en quête d'une réponse. Chaque objet semblait à sa place pour peu qu'il en eut une: les assiettes débordaient de l'évier tandis que des vêtements de travail gisaient à même le sol. Non loin d'eux, un vieux réfrigérateur grondait sans cesse et semblait à bout de souffle. Jaromyl ne comprenait pas ce qui l'avait ainsi tiré du sommeil. Plus le moindre son semblait s'échapper de la masure oubliée. Il allait s'endormir à nouveau quand une voix se fit entendre:
- Jaromyl Bursky! Ouvrez immédiatement, la maison est cernée!

Pris de panique il se précipita près du foyer pour se saisir de sa photo. Cet instantané pris aux beaux jours de leur lune de miel à Prague. Elle était si belle dans sa robe légère. Son regard fuyait l'objectif dont elle ressentait une incompréhensible peur. Cependant elle lui souriait... Chaque cliché était pour elle une souffrance, mais elle s'y livrait pour lui car elle l'aimait plus que ses phobies. Un jour elle avait même accepté de se livrer davantage à son objectif inquisiteur. Jaromyl lui avait longuement parler sans jamais la convaincre. Elle s'était pourtant livrée car elle aimait l'imaginer observer son corps nu quand elle l'aurait quitté. De toutes ces images il n'en subsistait qu'une, dont il serrait entre ses doigts les bords irréguliers, avant de l'enfouir sous sa chemise grise de fugitif.
- Rends toi Bursky et il ne te sera fait aucun mal!
Quand il déverrouilla la porte vermoulue celle-ci céda sous le poids des nombreux policiers qui pénétrèrent dans la pièce. Plaqué au sol on lui lia les mains. Il lança un dernier regard ironique vers son abri de fortune, qui lui avait cependant offert trois années de paix. Vigoureusement il fut entraîné vers un véhicule de police. Il fut surpris de sa résignation. Il ne voulait plus se battre contre les autres et contre lui-même. Toute garde baissée, il pris le chemin d'une autre existence où il allait devoir s'habituer aux humains. Jaromyl savait qu'il n'y parviendrait jamais...



C'était la suite du petit feuilleton que je vais vous livrer au fil de mes billets d'archives... Vous pouvez suivre le premier volet à ce lien. Et comme mon but est aussi de vous faire découvrir quelques anciennes images, je vous propose avec, une jolie sélection rien que pour vous!








